La Lettre n°1
Bonjour,
Les Carnets Marron n’ont pas commencé avec un livre. Ils ont commencé avec une absence. Pendant longtemps, nous avons cherché des romans de fantasy inspirés des mondes africains. Nous trouvions quelques titres, parfois remarquables, parfois plus anecdotiques. Mais surtout, nous avions la sensation étrange de toujours tourner autour de quelque chose sans jamais vraiment y entrer. Comme si nous regardions une immense bibliothèque dont seule une poignée d’étagères restait éclairée.
Cette impression n’était pas liée au manque d’histoires. Des histoires, il y en a toujours eu. Ce qui manque, bien souvent, ce sont les passerelles. Les espaces où l’on prend le temps de relier les romans, les mythes, les croyances, les cosmologies, les langues et les imaginaires. C’est précisément ce que nous voulons construire ici.
Les Carnets Marron ne cherchent pas à dresser une liste des « meilleurs livres africains ». D’autres le font très bien. Nous voulons comprendre ce qui fait naître un monde.
Pourquoi certaines histoires nous paraissent immédiatement cohérentes.
Pourquoi d’autres semblent seulement revêtir un décor.
Pourquoi certaines créatures nous paraissent familières alors qu’elles appartiennent à des traditions que nous découvrons à peine.
Ces questions nous accompagneront longtemps.
Pour commencer cette aventure, nous avons publié une définition d’un genre que l’on rencontre de plus en plus sans toujours savoir ce qu’elle recouvre réellement : l’Afrofantasy.
Non pour lui donner une définition définitive. Mais pour ouvrir la conversation.
La bibliothèque s’agrandit
Dans la prochaine lettre, nous reviendrons sur une habitude de lecture que nous partageons presque tous. Lorsque nous découvrons une nouvelle mythologie, nous cherchons immédiatement des équivalents.
« Quel est le Zeus africain ? »
« Quel est le Loki africain ? »
« Quel est le Merlin africain ? »
Ces comparaisons sont rassurantes. Mais elles nous empêchent parfois de rencontrer réellement les mondes que nous découvrons.
Nous essaierons de comprendre pourquoi.
Si quelque chose dans cette lettre vous a parlé, une réponse à cet email est toujours la bienvenue.
Les plus belles conversations commencent souvent par une simple question.
À bientôt,
Les Carnets Marron