La cosmologie fon s’articule autour de Mawu-Lisa, une divinité androgyne créatrice : Mawu, la lune, femelle et fertile ; Lisa, le soleil, mâle et sec. Ensemble, ils ont engendré les vodun — les forces divines qui régissent chaque aspect du monde, de la foudre (Hevieso) au fer (Gu), de la terre (Sagbata) aux carrefours (Legba).
Le panthéon fon partage des racines profondes avec le panthéon yoruba — Legba est l’équivalent d’Esu, Hevieso de Sango, Gu d’Ogun. Cette parenté reflète l’histoire partagée des royaumes d’Oyo et d’Abomey, et explique pourquoi le vodun et l’orisha se retrouvent, mutés mais vivants, des deux côtés de l’Atlantique.
C’est en effet sur les côtes du Dahomey et du Bénin que la traite a embarqué des millions d’êtres humains — et avec eux, leurs vodun. À Haïti, le vodun est devenu vodou ; à La Nouvelle-Orléans, voodoo ; au Brésil, candomblé Je. Ces religions ne sont pas des survivances figées : ce sont des traditions vivantes qui ont recomposé l’Afrique dans la diaspora.