La mythologie yoruba s’organise autour des orishas — divinités médiatrices entre le monde divin (orun) et le monde humain (aye). Chaque orisha préside à une force naturelle, une activité, une émotion. Ce n’est pas un panthéon figé : c’est un système vivant qui se réinvente à chaque génération.
La transmission se fait par l’oracle d’Ifa, système divinatoire d’une complexité remarquable, et par les sociétés initiatiques comme le Gelede ou l’Egungun. Le babalawo — prêtre d’Ifa — n’est pas un devin : il est un savant, gardien d’un savoir encyclopédique mémorisé en vers.
Cette cosmologie a donné naissance au candomblé au Brésil, à la santería (Lucumí) à Cuba, ou encore au vaudou en Haïti — des religions vivantes qui préservent des chants et des rituels en langue yoruba dans les Amériques.
L’Ivrogne dans la brousse
Amos Tutuola